Aux professeurs des écoles ayant des élèves atteints de TDAH, comment puis-je aider ?

Dans cet article, je vais être accompagné d’Élodie que j’ai invitée pour vous présenter les outils qui sont disponibles, pour les professeurs d’élèves qui ont un TDAH, qui souhaitent mettre en place certains outils pour aider les élèves qui ont un TDAH.

Arthur :

Bonjour Elodie !

Elodie:

Bonjour, je suis professeur certifiée en lettres. Avant, j’étais professeur des écoles, ça fait 18 ans que j’enseigne et j’ai été diagnostiquée TDAH il y a un an.

Arthur :

D’accord. Dans cet article, on va principalement parler des outils qui sont disponibles pour les élèves de primaire ayant un TDAH et après, dans un second article, nous parlerons des outils pour les élèves de collège. Dans cet article, nous commençons par les outils qui sont disponibles pour les élèves de primaire.

Elodie:

Pour les outils destinés aux enfants du primaire, aujourd’hui, on parle que du primaire à partir de l’âge de six ans, parce que les diagnostics tombent facilement à partir de l’âge de huit-neuf ans. Ça ne veut pas dire qu’en maternelle, les professionnels ne s’aperçoivent pas que les enfants sont hyperactifs, mais il est compliqué d’avoir un diagnostic si tôt.

Arthur :

Généralement aussi, ça devient réellement handicapant pour l’élève à partir de ses six ans, du moins dans sa scolarité et c’est à ce moment-là que les professionnels interviennent pour établir ce diagnostic et pour trouver des solutions. Parmi ces solutions, en voici.

Elodie:

Quand on a un élève TDAH en classe, la première des choses, on l’a remarqué, c’est le manque d’attention.

Arthur :

Ouais.

Elodie:

Comment tout de suite, le mettre au travail pour que l’attention soit soutenue ? Premièrement, on va épurer le champ visuel. Qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que l’on va asseoir cet élève loin des distractions qui sont la porte et les fenêtres. On va l’entourer de camarades plutôt calmes, comme ça, ça ne va pas favoriser son énervement. Ce qui est aussi important, c’est que son bureau ne soit pas placé à côté de votre bureau, mais plutôt au sein des autres, c’est-à-dire au premier rang.

Arthur :

D’accord. Au premier rang, sans pour autant être collé à celui du professeur ?

Elodie:

Exactement.

Arthur :

Pour pas qu’ils se sentent stigmatisés.

Elodie:

Stigmatisés et parce que ces enfants, on leur fait énormément de remarques, car ils empêchent souvent la continuité dans une classe pour une bonne leçon, un travail de groupe, ils sont très bruyants, se déconcentrent et ils demandent beaucoup d’attention, donc forcément, ils entendent beaucoup de remarques. On épure le champ visuel, c’est un premier point. Le deuxième point qui est très important, c’est le champ auditif.

Arthur :

D’accord. Limiter tous les bruits externes, c’est ça ?

Elodie:

On ne peut pas interdire à une classe de parler, ce n’est pas le propos. Simplement, on peut prendre des balles de tennis, les couper en deux et les mettre sous les pieds des chaises, parce que quand un enfant va bouger sa chaise, forcément, on n’entendra pas de bruit. Ça, c’est la première astuce.

Arthur :

Ça va être vraiment bien pour les élèves qui ont cette hyperactivité, parce que ça va leur permettre justement de pouvoir bouger. Ils bougent énormément et ils bougent également énormément leur chaise. Ça va leur permettre de bouger autant qu’ils le veulent, sans pour autant que ça ait un impact négatif sur le reste de la classe.

Elodie:

Ensuite, au niveau du bruit, c’est pour toute la classe, c’est d’interdire les règles en fer qui tombent systématiquement, que l’élève soit TDAH ou pas TDAH, ça permet à tout le monde de rester au calme. Personnellement, les stylos quatre couleurs, parce que tout ça, tous ces cliquetis, vont faire que lui aussi, il va être plus sensible à ces bruits-là. On a épuré le champ visuel, le champ auditif, maintenant, sur son bureau. Sur son bureau, vous voyez, je vais vous donner juste un petit exemple, moi, souvent, je récupère des cagettes de la cantine, vous voyez, on fait de la récupération et d’entrée, le matin, on va mettre le stricte nécessaire, stylos, gomme, etc.

Arthur :

D’accord.

Elodie:

Pour éviter qu’il cherche en permanence et qu’il perde son matériel.

Arthur :

Et qu’il l’éparpille encore plus sur la table.

Elodie:

Voilà. Que ça tombe sans arrêt, etc. Là, c’est à un même endroit, c’est visuel, il n’a pas à chercher son matériel.

Arthur :

Super.

Elodie:

Ça, vous voyez aussi, c’est de la récupération.

Arthur :

Lorsqu’il arrive en cours l’élève, il les prend dans sa trousse et après, directement, il les met dans sa case ?

Elodie:

Plutôt dans son cartable, mais ça peut être aussi fait avec l’enseignant dès le départ, tout dépend de son âge.

Arthur :

D’accord.

Elodie:

S’il a six ans ou s’il est en CM1-CM2. L’idée, c’est qu’il soit le plus autonome possible.

Arthur :

Oui.

Elodie:

Ça peut être un rituel.

Arthur :

Quelque chose qu’il va apprendre à faire au quotidien.

Elodie:

Exactement.

Arthur :

D’accord.

Elodie:

On a vu ça, maintenant, les consignes de travail. L’enfant qui se disperse, il a du mal à terminer un exercice. Nous, les enseignants, on a tous l’habitude, on ne va pas demander à un élève la même quantité de travail, on va lui réduire la quantité de travail et avec un sablier, on évalue à peu près le temps qu’il doit mettre.

Arthur :

D’accord.

Elodie:

Ça va être très clair, il doit attendre que le sablier ait terminé pour pouvoir arrêter son exercice.

Arthur :

D’accord. Par exemple, si on met un sablier ou quelque chose pour lui, ça va lui permettre d’avoir une notion du temps qui est beaucoup plus concrète. Parce que généralement, moi, personnellement, j’ai toujours eu du mal à me rendre réellement compte du temps qu’il me reste pour faire les choses. Et souvent, je me dis qu’il me reste tant de temps et que dans cet intervalle de temps, je vais avoir le temps de faire telle chose, telle chose et je me rends vite compte que ça coince, j’ai pu faire une chose et pas plus, donc le fait d’avoir ce minuteur…

Elodie:

Ou un timer, quelque chose qui fixe un temps défini. C’est comme un entraînement et c’est très important. La deuxième chose qui me semble importante, c’est de définir des petits objectifs.

Arthur :

D’accord.

Elodie:

Aussi bien que ça soit objectifs de comportement qu’objectifs de mise au travail, parce que comme ce type d’élève entend des remarques à longueur de temps, ce genre d’élève comme beaucoup d’élèves du reste, ils ne fonctionnent que quand on a une reconnaissance, c’est-à-dire l’estime de soi. Souvent, je félicite un élève, son résultat, peut-être que son exercice est faux, mais ce n’est pas grave parce qu’il a réussi. Il s’est concentré sur l’activité du début à la fin et c’est ça qu’il faut valoriser. La réussite, elle n’est pas simplement en termes de notes, elle est en termes de…

Arthur :

J’ai réussi à maintenir mon attention donc il y a eu un plus. Parce qu’après, le fait de maintenir cette attention, même si ça ne donne pas une bonne note tout de suite, sur le long terme, ça va avoir un impact. Que ça soit dans ce cours ou dans sa vie de tous les jours, ça va avoir un impact qui va être positif et qui va l’amener au fur et à mesure, à avoir des meilleures notes.

Elodie:

On fait un petit livret à points par exemple et on peut définir un petit objectif, un moyen objectif et un grand objectif, selon les périodes. C’est-à-dire sur la semaine, on va demander à un enfant par exemple, qu’il arrive à lever la main au moment où on le demande et pas sans arrêt à solliciter. Il faut le découper en petites actions, pour obtenir quelque chose de concret, parce que sinon, un élève TDAH se noie dans beaucoup de choses et il ne voit plus ses progrès.

Arthur :

Oui.

Elodie:

Les parents non plus, puisque le retour « Alors qu’est-ce qu’il a encore fait aujourd’hui ? ». C’est pour ça que je pense qu’il faut absolument que les parents soient partie prenante et que n’importe quelle initiative de votre part doit être validée, à la fois par votre directeur ou votre directrice et surtout, les parents. C’est, il me semble, très important. Par rapport à ces objectifs, on n’a pas parlé d’une chose qui me semble aussi importante, c’est comment on va exprimer une consigne, comment on va demander à un élève TDAH ou dyspraxique, parce que souvent, le TDAH, il y a plusieurs comorbidités.

Arthur :

Il y a un trouble associé, ouais.

Elodie:

Vous avez des enfants dyslexiques, vous avez des enfants dyspraxiques. Il n’y a pas que le TDAH. Dans un premier temps, vous expliquez la consigne à la classe entière, ça, on a tous l’habitude de le faire et après, vous allez voir votre enfant TDAH et vous allez lui demander, « Qu’est-ce que tu as compris ? ». Il faut qu’il essaye de réinterpréter la consigne avec ses propres mots. S’il n’y arrive pas, ce n’est pas grave. Une consigne, pas deux consignes pour exécuter un travail au départ. Tout dépend quelle est l’ampleur des symptômes du TDAH, mais il vaut mieux démarrer par peu, que d’un seul coup, demander plusieurs consignes pour un même exercice et s’adresser à lui par son prénom. C’est important parce qu’il saura que son attention sera dirigée vers lui et l’accompagner dans la première minute où il devra exécuter son travail.

Arthur :

D’accord, pour l’amener à se mettre dans sa bulle.

Elodie:

Voilà.

Arthur :

À se concentrer et à se focaliser sur son exercice.

Elodie:

Il y a quelques petits objets qui peuvent faciliter la tâche au sein d’une classe. Les enseignants ont une enveloppe budgétaire, ou la coopérative ou la mairie, donne une enveloppe budgétaire. Vous pouvez faire acquérir une balle anti-stress. Vous voyez, on malaxe comme ça. Les embouts de stylos à mordiller parce que ce sont souvent des enfants nerveux. En général, vous allez remarquer qu’à chaque fois que vous lui prêtez des crayons ou des stylos, ça ne fait pas cinq minutes parce qu’ils sont mâchouillés, triturés, etc. Ensuite, quelque chose que j’ai vu, c’est un coussin à air dynamique. C’est un coussin sous lequel vous placez une chaise et il peut bouger autant qu’il veut, il ne gênera personne.

Arthur :

D’accord.

Elodie:

C’est à hauteur de vingt euros, je crois. Ensuite, vous avez des crayons de couleurs triangulaires pour que la prise en main soit facilitée. Vous avez des pinceaux ergonomiques, vous avez des poignées pour les règles comme des ventouses que vous mettez, comme ça, l’appréhension fait que la règle ne tombe pas toutes les trente secondes par terre. L’idée, c’est d’avoir des objets qui puissent lui permettre de faire l’exercice et qu’il n’ait pas à se concentrer sur la manipulation. Autre chose, comment on fait attendre un élève TDAH ? Ça, c’est la grande question aussi. Tout dépend de son âge. En maternelle, on a souvent la chance d’avoir une ATSEM, c’est-à-dire une aide quand c’est possible. Un enfant qui fait une crise par terre, qui se roule par terre, ce n’est pas évident, ça bouleverse la classe. Ce n’est surtout pas d’élever le ton, parce que quand on élève le ton, forcément…

Arthur :

Ça renchérit.

Elodie:

Voilà. Donc quand il y a une ATSEM, c’est de prendre l’enfant et d’aller lui faire boire un verre d’eau. Il y a une distanciation, il va revenir, il va être plus calme, plus posé et on va pouvoir reprendre la situation conflictuelle, savoir ce qui s’est passé, pourquoi il se met dans cet état. Ça, c’est important.

Arthur :

L’isoler, le calmer, l’apaiser psychologiquement, le temps qu’il redescende en pression.

Elodie:

Quand par exemple, c’est au sein d’une classe et qu’ils sont en primaire ou un peu plus grands et qu’il y a des injures ou des choses comme des broutilles qui arrivent, tant est plus, entre enfants, il faut rappeler à l’élève TDAH qu’il est comme les autres. Il y a un règlement intérieur de la classe et de l’établissement. Pour lui faire comprendre que ses attitudes sont inacceptables. Les insultes, ce n’est pas possible, pousser, ce n’est pas possible et pour se faire, il y a des sanctions. Il y a un rappel, une fois, on peut, au bout de la quatrième fois, ce n’est pas possible. Toujours mettre l’enfant, lui demander pourquoi, lui expliquer pourquoi et le pousser à le faire réfléchir à un comportement, c’est-à-dire une mauvaise gestion des émotions à ce moment-là.

Arthur :

Autant, je trouve que c’est vraiment important de prendre en compte le TDAH de l’enfant, pour essayer d’adapter certaines choses pour lui et pour lui donner les mêmes chances que les autres, mais il est nécessaire qu’il prenne conscience de ce qu’il a fait et de pourquoi ce n’est pas bien de le faire, pour qu’il ne recommence pas.

Elodie:

On sait tous qu’en fin de journée, les élèves sont fatigués, que ce sont des moments précis, que l’attention se relâche aussi bien pour les élèves TDAH que pour d’autres, donc en fin de journée, ça va être un petit peu plus compliqué pour vous. Soit, vous vous apercevez que les élèves, ils ne sont pas concentrés, que les activités que vous devez mettre en place, ça ne marche pas du tout. Ce n’est pas grave, à un moment donné, il faut lâcher prise et lui donner autre chose. Soit l’autoriser à regarder un livre de coloriage magique, quitte à lui autoriser un audio avec un casque.

Arthur :

Quelque chose qui le canalise.

Elodie:

Voilà, parce qu’à un moment donné, il ne peut plus, il va décrocher, il va se sentir oppressé et c’est là qu’il va exploser. Peut-être que vous allez vite percevoir les signes avant-coureurs, donc vous avez cette possibilité de lui proposer des activités qui ne nécessitent pas forcément une attention intellectuelle, mais plutôt quelque chose de décontraction. Tous les enfants TDAH, ils ont besoin de reconnaissance. Peut-être même plus que les autres, donc n’hésitez pas à lui donner des tâches transversales. Des tâches transversales, ce sont par exemple ce que l’on appelle les métiers. Les métiers ça peut être facteur, aller donner un courrier, par exemple distribuer les documents à la classe. Pas ramasser les travaux parce que lui, il est à la traîne, ça va le stigmatiser, mais il peut distribuer des travaux à la classe. Arroser les plantes, il peut le faire. Vérifier si des papiers sont sous les tables. Il y a des tas de petites tâches qu’il est capable de faire, qui peuvent le rendre autonome et ça, ça va renforcer son estime. Autre chose, avant un contrôle par exemple, placez plutôt un contrôle après une séance de sport parce qu’il aura dépensé toute son énergie, il aura canalisé son énergie dans une activité sportive et à ce moment-là, sa concentration sera optimum pour l’évaluation. Il est aussi important de bien dialoguer avec la famille parce qu’il est important de connaître si en ce moment, il est perturbé dans son sommeil. Ces élèves ont des gros problèmes de sommeil, le sommeil permet de se concentrer en classe. Il est important d’avoir un bon dialogue.

Arthur :

D’accord.

Elodie:

Un dernier conseil, en fin de journée, quand on doit préparer les cartables pour les matières du lendemain, on ne le fait pas dans la précipitation. Il vaut mieux arrêter une activité au début de l’année un quart d’heure avant, de dire à l’enfant, regarde quelles sont les matières qu’il faut prendre pour le lendemain, les cahiers qu’il faut prendre pour réviser et comme ça, le cartable ne sera pas fait dans la panique.

Arthur :

D’accord.

Elodie:

Toujours prendre son temps, parce que dans la précipitation, on oublie la moitié des choses. Dernier petit conseil, plutôt travailler sur cahier que sur classeur, parce que le classeur, on perd systématiquement les feuilles. Je conseille le classeur pour beaucoup plus tard quand il y a une autonomie.

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Je m'appelle Arthur Jasinski, je suis un jeune étudiant et entrepreneur de 19 ans ayant un trouble de l'attention. J'ai créé ce blog pour partager les actions que j'ai mises en place ainsi que les techniques qui ont changé ma vie. L'objectif que je me suis fixé est d'accompagner les personnes ayant tout comme moi un trouble de l'attention pour les aider à s’épanouir dans leur vie.

Qui suis-je ?

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