Que faire une fois que l'on a été diagnostiqué TDAH (avec Jean-Baptiste Alexanian)

Bonjour et bienvenue dans ce nouvel article. Dans cet article, je vais être accompagné du docteur Jean-Baptiste Alexanian pour voir quelles sont les démarches que l’on peut faire une fois que l’on a été diagnostiqué TDAH. Quelles sont les solutions, les possibilités, qui vont s’offrir à nous pour essayer de combler légèrement les symptômes de ce trouble pour qu’il soit moins handicapant au quotidien.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les possibilités qui s’offrent à nous une fois que le diagnostic a été posé ?

Jean Baptiste Alexanian :

Il y a une chose qui est vraiment fondamentale à comprendre, c’est que le TDAH, ce n’est pas une maladie. C’est un trouble et c’est quelque chose qui est handicapant de manière circonstancielle. Ça dépend beaucoup des circonstances dans lesquelles on évolue. L’école, le boulot, ça peut être des circonstances favorisantes pour l’expression des symptômes problématiques.

En général, quand les gens viennent nous voir, ils ont déjà essayé plein de choses, mais il n’empêche que ça vaut le coup d’essayer, mais la première chose à faire, c’est de modifier son environnement dans la mesure du possible. C’est-à-dire que s’il y a tel élément, qui pour moi, favorise mes symptômes de TDAH, ma distractivité, mon impulsivité, mon défaut d’inhibition, il faut que tel élément en question, j’essaye de voir si je peux le modifier pour avoir moins de symptômes. L’exemple que l’on pourrait donner, c’est un adulte qui travaille et qui a une relative autonomie sur son lieu de travail ou sur son lieu professionnel, c’est essayer de modifier ses habitudes, un petit peu ses processus, pour moins en souffrir.

Arthur :

Modifier son mode de fonctionnement.

Jean Baptiste Alexanian :

Modifier son mode de fonctionnement aussi. Par exemple, c’est quelqu’un qui a beaucoup de mal avec tout ce qui est téléphone, gestion des rendez-vous, etc. parce que c’est trop pénible, trop rébarbatif, trop saoulant, excusez-moi du terme, eh bien envisager un secrétariat. Pourquoi pas ou un logiciel qui automatise tout ça par exemple. Ça, ce sont des choses qui peuvent aider les personnes souffrant de TDAH et qui ont une relative autonomie dans leur mode de vie. C’est plus compliqué pour les enfants et là, ça va être aux parents d’aménager les choses. Si par exemple un enfant souffre de TDAH parce qu’il a du mal à planifier les choses et il est toujours en difficulté pour faire son cartable, ne rien oublier, qu’il se fait tout le temps punir parce qu’il oublie des choses, etc. essayer d’avoir des petits rituels, des petites fiches. D’obsessionaliser les choses, de rigidifier les choses, de manière automatique.

Évidemment, il y a des limites très pratiques à tout ça. Parfois, il n’est pas possible de modifier son environnement, ça arrive, c’est même fréquent, notamment chez les enfants. Aussi, parfois, ce n’est pas suffisant. C’est-à-dire que tout ce que l’on peut mettre en place de manière simple et en théorie efficace, ne l’est pas suffisamment. Il va y avoir une amélioration modérée de la symptomatologie, mais pas suffisante.

La première chose à faire malgré tout, c’est d’essayer de modifier son environnement, d’essayer d’identifier les contextes dans lesquels le TDAH s’exprime le plus et est le plus handicapant et de modifier ces contextes. Ça, c’est la première chose.

Ensuite, si malgré tous ces aménagements, il y a une amélioration insuffisante voire nul, dans ce cas, on a les traitements médicamenteux qui sont indiqués. Entre 6 et 18 ans, en France, ils sont remboursés. En dessous de 6 ans, ils ne sont pas remboursés et au-dessus de 18 ans, ils ne sont pas remboursés malheureusement. Je sais qu’il y a des caisses qui remboursent malgré tout quand un enfant a eu le traitement dans sa jeunesse, avant ses 18 ans. Ce n’est pas le cas de toutes les caisses, on ne sait pas trop pourquoi. C’est compliqué, ce sont des choses qui me dépassent. En général, avant 6 ans, c’est quand même assez rare. On a très peu de patients qui nécessitent un traitement avant 6 ans. Peut-être que ça existe, mais en dessous de 3 ans, moi, je n’ai jamais vu et dans les recommandations, ce qui est noté, c’est que de manière exceptionnelle, quand c’est vraiment nécessaire, partir de 3 ans, c’est possible.

Au-delà de 18 ans, en France, c’est une situation particulière, parce qu’il y a plein de pays dans le monde qui remboursent le traitement. La France fait exception en Europe. Il y a d’autres pays européens, mais ils ne sont pas majoritaires. Je sais qu’en ce moment, ils sont en train de discuter d’un éventuel remboursement chez l’adulte, ça serait vraiment nécessaire. J’ai des patients qui ont dû arrêter le traitement alors que ça leur faisait beaucoup de bien, pour des raisons financières, parce qu’ils n’étaient plus remboursés. Ça, c’est problématique, mais c’est un autre débat.

Le traitement médicamenteux en France, c’est ce que l’on appelle le méthylphénidate. Il y a plein de spécialités, plein de nom pour ce méthylphénidate : Ritaline, Quasym, Concerta, Medikinet. Je ne sais pas si j’ai tout cité. Il y a plein de noms commerciaux, mais la molécule, c’est le méthylphénidate. Chez l’adulte, aussi, c’est une molécule qui fonctionne bien. Il y a des molécules plus efficaces selon les natures scientifiques, mais qui ne sont pas disponibles en France. C’est comme ça. Après, le méthylphénidate chez l’adulte fonctionne bien. Après, c’est toujours la même chose, il y a des bénéfices, il y a des risques, il y a des effets secondaires, donc il faut toujours en parler avec son médecin traitant, avec son psychiatre, avec son neurologue, peu importe, la personne qui vous prescrit le traitement. En France, la prescription initiale doit être faite à l’hôpital par un spécialiste en psychiatrie, en neurologie ou en pédiatrie et ensuite, le renouvellement doit être fait tous les 28 jours par n’importe quel médecin sur ordonnance sécurisée.

Le traitement par méthylphénidate, il permet de diminuer les symptômes quand le traitement est nécessaire et il faut en parler à votre médecin. Qu’est-ce que c’est diminuer les symptômes ? C’est diminuer l’impulsivité, la distractibilité, le défaut d’inhibition, faire en sorte que dans les situations où le TDAH est handicapant, on soit moins explosif, moins impulsif, qu’on soit moins distrait, moins dans la lune, moins dans ses pensées, etc. et avec comme résultante, un moins haut défaut d’inhibition. C’est-à-dire que l’on est plus capable de se contrôler, de contrôler sa pensée, ses mouvements, son comportement. C’est extrêmement utile. Par exemple pour un enfant, sur le plan scolaire, quand il n’aime pas l’école, il en a vraiment besoin. Il en a besoin pour ses apprentissages, ce n’est pas juste pour sa qualité de vie, juste pour se faire plaisir, c’est vraiment un cercle pour ses apprentissages, on parle de choses sérieuses. Et à l’âge adulte, au boulot par exemple ou même dans la vie de tous les jours, dans sa famille, pour gérer les enfants, etc. Ça peut être des choses extrêmement stressantes, qui peuvent, chez quelqu’un qui souffre d’un TDAH, être générateur d’une grande explosivité et ce n’est pas souhaitable. Ni pour les parents, ni pour les enfants. À ce moment, effectivement, le traitement peut aussi beaucoup aider. Ça, c’est quelque chose qui est reconnu, efficace, on a une littérature scientifique qui est abondante, à la fois chez l’enfant et chez l’adulte. Là-dessus, on est très sûrs de nous.

Il y a une chose qui est moins bien prouvé scientifiquement, ce sont les thérapies cognitives et comportementales. C’est une forme de psychothérapie, qui est faite en général, par des psychologues formés à la thérapie cognitive et comportementale. C’est quelque chose qui est très pratico-pratique, il ne faut pas imaginer des trucs bizarres et effectivement, là, le niveau de preuve est nettement plus faible. On a des recommandations dans le monde entier.

Ce qui est recommandé en première intention chez un adulte TDAH, c’est le traitement pharmacologique. C’est la première intention et c’est, soit en cas de refus du patient, soit en cas d’inefficacité du traitement, que les thérapies cognitives et comportementales dans ce cas sont recommandées. Mais chez l’adulte, en première intention, le traitement par psychostimulant, en l’occurrence en France, le méthylphénidate est recommandé dans les recommandations allemandes, américaines, canadiennes ou autres.

Arthur :

D’accord. Est-ce que c’est bien d’associer le traitement, le méthylphénidate à une TCC ou à plusieurs TCC ?

Jean Baptiste Alexanian :

Moi, je suis de ceux qui pensent, mais je n’ai pas de données scientifiques pour l’affirmer, que c’est toujours bien de faire une TCC.

Arthur :

D’accord.

Jean Baptiste Alexanian :

En plus de ça, on n’en n’a pas encore parlé, mais il y a quelque chose qui est fondamental dans le TDAH surtout chez l’adulte, c’est qu’il y a souvent des comorbidités, c’est-à-dire des troubles associés. Quand on a TDAH à l’âge adulte, en général, on souffre aussi d’un trouble anxieux ou d’une dépression ou d’autres troubles associés, parce que l’évolution naturelle d’un TDAH non traité, c’est d’évoluer vers un risque de dépression et d’anxiété très élevé malheureusement. Et là, la TCC a une efficacité qui est plus intéressante. La personne qui va vous faire votre TCC, elle va évaluer la situation et elle va identifier si vous souffrez d’un trouble anxieux ou d’une dépression et elle va éventuellement vous aider sur notamment la partie troubles anxieux ou dépression modérée. La dépression sévère, c’est encore autre chose. Moi, je suis de ceux qui pensent que, si on en a les moyens parce que ce n’est pas remboursé, c’est bien de faire une TCC en plus. C’est ce que je recommande, après, je n’ai pas d’arguments scientifiques ultras solides pour dire, il faut absolument le faire, c’est indispensable. Ça serait mentir que de dire ça.

Arthur :

Oui, ça va aussi nous aider les TCC à supprimer certaines habitudes que l’on a pu prendre lorsque l’on n’était pas traité et qu’on avait un TDAH.

Jean Baptiste Alexanian :

Ouais.

Arthur :

Pour en reprendre de nouvelles une fois que l’on va être traité et on se rend compte de la présence de ces mauvaises habitudes que l’on va pouvoir supprimer et en remettre de nouvelles qui vont améliorer notre quotidien.

Jean Baptiste Alexanian :

Tout à fait.

Arthur :

Merci de nous avoir donné tous ces conseils.

Nous arrivons à la fin de cet article, j’espère que vous aurez trouvé les réponses à vos questions. 

Je vous invite à cliquer ici pour retrouver le docteur Jean-Baptiste Alexanian sur sa chaîne YouTube.

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Je m'appelle Arthur Jasinski, je suis un jeune étudiant et entrepreneur de 19 ans ayant un trouble de l'attention. J'ai créé ce blog pour partager les actions que j'ai mises en place ainsi que les techniques qui ont changé ma vie. L'objectif que je me suis fixé est d'accompagner les personnes ayant tout comme moi un trouble de l'attention pour les aider à s’épanouir dans leur vie.

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